Serf-titude

Quand certains veulent tout décider
De qui doit vivre et de qui doit mourir
Quand certains veulent tout décider
Des vainqueurs des guerres à venir
Quand certains veulent tout posséder
Le pétrole, l’argent et le reste
Quand certains veulent tout posséder
Que leurs auréoles de gloire les plongent dans l’ivresse
Quand certains veulent tout savoir
En oubliant leur sombre histoire
Quand certains veulent tout savoir
Employant des moyens dérisoires
Quand certains veulent paraître « purs »
Telle une poule devant un couteau
Quand certains veulent paraître « purs »
Sans se demander ce que leur pensée vaut
Alors on devrait être en droit
De dire non à leurs idées salaces
Alors on devrait être en droit
De les empêcher de sauver la face
Car les vainqueurs d’une autre guerre
N’ont pas le droit de tout imposer
Car les vainqueurs d’une autre guerre
Ne sont héros que du passé
Le présent appartient à tous
Qu’importe notre pays, notre bourse
Le présent appartient à tous
Qu’importe nos croyances et nos frousses
Cessons d’accepter les pubs édulcorées
Qui nous manipulent dans l’obscurité
Pour mieux nous asservir et nous dépecer
Nous laissant crever heureux
Allégés d’nos économies
Nous laissant crever heureux
Puisqu’on a servi notre patrie
Dans sa croisade contre l’intelligence
Remplissant toujours plus son infâme panse
De mensonges honteux
Au succès douteux

tout droits réservés-2009-Ombre Incandescente



Relents d’acide

Ce soir le désespoir peu à peu m’envahit
Contre ces cris de haine dont on nous sur nourrit
Contre le train train des mauvaises nouvelles
Avec lequel on nous nettoie la cervelle
Nous sommes aseptisés, victimes anonymes
De l’écran manipulateur dans la course ultime
De remplissage du manque que la société créé
Pour mieux nous dominer et nous utiliser
Dans la course à l’argent, au pouvoir éhonté
Que pouvons nous répondre si c’n'est que nous sommes comblés
Mais n’y pensons pas trop, faut pas se fatiguer
On va nous dire qu’on nage dans la futilité
Que dans ce nouveau monde tout est bien tout est beau
Surtout les Africains, morts dans les caniveaux
Malheureusement pour nous, on est au garde-à-vous
Devant toute l’injustice, des fois qu’elle vienne pas de nous.

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



Patrie

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Peu m’importe la disette des pays dits « amis »,
Peu m’importe les longs hurlements d’agonie
Qui hantent chaque jour ton esprit perverti.
Peu m’importe je te prête serment d’allégeance.

je te prête serment d’allégeance patrie,
Sans me soucier de l’arrière gout faisandé
qui règne dans tes placards, sous les escaliers.
Sans me soucier des regards résignés
que te jettent les suicidaires
dans un éclair d’lucidité
Je n’m'en soucie point, tu es ma patrie.

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Sans regarder autour de moi la déchéance
Et la folie de cette société dite « civilisée »
Sans regarder les tombes des émigrés
battus à mort et dont on ne parlera jamais
Offre moi des œillères patrie,
Je te prête serment d’allégeance.

Patrie…

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Car je connais bien sûr ta toute puissance,
Car j’aime ton langage faux, ton omniscience,
Tes paroles doucereuses d’où coule le mot:profit
Je t’aime patrie et je te prête serment d’allégeance.

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Et je fais mine de ne pas entendre,
Tes stratagèmes machiavéliques.
Et je fais mine de ne pas comprendre,
Tes sous entendus lourds de sens.
Rends moi aveugle et rends moi sourd patrie,
car je te dois serment d’allégeance.

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Même si je dois assassiner l’inconnu,
Même si je dois me battre pour TES idées,
Même si je dois périr à ta place, patrie,
Même si je dois boire le sang de mes frères,
Je te prête serment d’allégeance.

Je te prête serment d’allégeance patrie,
Car je ne pourrais pas supporter
Les regards accusateurs de toute ta société.
Car je ne veux pas être un paria,
Car je ne veux pas être un banni.
Car même si je te hais patrie, je suis humain
Et j’attends le jour où tu t’en souviendras,
Que j’puisse enfin mourir de honte, en finir avec toi.
Car même si j’aimerai t’oublier
J’ai prêté serment d’allégeance
Et tu es ma patrie, puissante et immortelle.

L’enfer n’est pas aussi profond qu’on l’clame
Il faut juste ouvrir les yeux et sécher ses larmes,
puis étouffer les cris de sa lente agonie.

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



L’appel de la patrie (et celui de la raison)

Je dis merci à ma patrie
De la franchise de ses pères
Je dis merci à ma patrie
De refermer mes yeux ouverts

Et je la remercie encore
D’mon avilissement prépayé
Et je la remercie encore
Des idées qu’elle fait miroiter
Et je la remercie encore
D’l'attention qui nous est prêtée
Et je la remercie encore
De sa si grande égalité

Égalité, fraternité
Pourquoi alors tant d’préjugés
Égalité, fraternité
Glorieuse façade de société
Mais’galité, fraternité
Sont plutôt rares sur le marché
Mais’galité, fraternité
Ce n’est plus trop d’actualité

Et cette patrie qui m’aime tant
M’déclare protégé par l’armée
Et cette patrie qui m’aime tant
M’impose l’partage de sa fierté
Et cette patrie qui m’aime tant
Me dit de n’pas m’interroger
Et cette patrie qui m’aime tant
Me fait jurer fidélité

Ainsi chacun lui appartient
Et peut devenir machine de guerre
Ainsi chacun lui appartient
Et s’doit d’exterminer ses frères
Pour honorer les ordres des siens
Faire leur fierté: être militaire.

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



L’amour au cœur du problème

Je suis dans la non-vie
Relent immortel de l’oubli
Cachant à la lumière d’ébène
Mes contes de fées les plus obscènes
Cherchant sans jamais pouvoir trouver
Comment aimer de mon cœur amputé
De sa raison et de son amour
D’où se dessinent peu à peu les contours
De la plus viles des haines
Brisant son enveloppe charnelle
Dans laquelle il gît impuissant
Auréole de dentelle
Distillant son venin de serpent
Ne se fiant aux apparences
Que pour rentrer dans la danse
Et mieux détruire ceux qui l’entourent
Voilà ce qu’est un cœur sans amour.

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



Isoloir 33, couloir nord-est

Aujourd’hui l’monde est dit en paix
Mais beaucoup n’demandent qu’à l’corser
C’est un monde d’inégalités
Mais certains trouv’ qu’c'est pas assez.

Pendant qu’on s’entre tue gaiement
Qu’on refuse de vivre calmement
Un type qui rêve d’êt’ président
Voudrait passer les 12 %.

Et il se déclare même confiant
En ceux qu’il appelle les enfants
D’sa patrie, d’son gouvernement
Et il se déclare même confiant
En ceux qu’il appelle ses enfants
En tout ce peuple intolérant.

Les sondages lui donnent même raison
A lui qui exploite la déraison
Sûr qu’il s’ra en tête du p’loton
Pt’et même en deuxième position.

D’autr’ freinent un peu le phénomène
En disant qu’il ne s’ra qu’troisième
Si nos fières jeunesse hitlériennes
Préfèrent son rival, c’t'autre lui-même.

Il se déclare quand même confiant
En ceux qu’il appelle les enfants
D’sa patrie, d’son gouvernement
Il se déclare quand même confiant
En ceux qu’il appelle ses enfants
En tout ce peuple intolérant.

Camarade v’la un grave dilemme
Car maint’nant des partis d’la haine
Y’en a deux, comme t’as de la veine
Choisit donc not’ futur emblème

Mais si notre démocratie
Passe aux mains d’un des deux partis
La doctrine française d’aujourd’hui
D’viendra  » travail-famille-patrie  »

Il peut se déclarer confiant
En ceux qu’il appelle les enfants
D’sa patrie, d’son gouvernement
Il peut se déclarer confiant
En ceux qu’il appelle ses enfants
A deux ils font plus d’15 % ;

On nous dit qu’le pays va bien
Mais d’où vient c’débord’ment soudain
De haine de beaucoup d’mes voisins
Tabou caché sous l’baratin ?

Comment l’av’nir de ce bout d’terre
Peut il et’ c’ui d’un ministère
Qui voudrait r’tourner en arrière
Changer d’vainqueur la dernière guerre ?

Et la France n’est pas l’seul état
Où les gens ne se souviennent pas
De c’qui est arrivé aut’fois
Dans certains camps au fond des bois.

On s’cache sûrement la vérité
Les hommes n’ont jamais évolués
Où alors pas du bon côté
Puisqu’ils rejettent l’ égalité

Aujourd’hui l’monde est dit en paix
Mais beaucoup n’demandent qu’à l’corser
C’est un monde d’inégalités
Mais certains trouv’ qu’c'est pas assez.

Mais quelle est donc cette nouvelle aire
Où la haine remplace la prière
En héritant de quelques guerres
D’quoi ouvrir un commerce prospère ?

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



Idées Noires Immaculées

J’n'ai plus envie
de vivre ma vie
je n’ai plus envie
de rêves d’insomnies

Je n’ai plus envie
d’voir un monde détruit
je n’ai plus envie
d’sombrer dans l’ennui

J’en ai plus que marre
de tout ces bavards
qui se planquent peinards
derrière leurs radars

j’en ai plus que marre
de ces idées noires
qui sont pas illusoires
qui sont pas dérisoires

et j’en ai assez
de voir des milliers
d’morts a la télé
a l’heure du gouter

et j’en ai assez
d’la réalité
je suis fatiguée
a m’en faire crever

et pourquoi chercher
le bonheur parfait
quand tout son budget
nourrit les armées ?
et pourquoi chercher
la liberté l’égalité
quand tous les paumés
se trompent de côté

Il n’y a pas d’excuse
pour que l’on nous use
pour qu’on nous abuse
d’par les verres qu’on écluse

et il n’y a pas d’pardon
d’laisser a l’abandon
le Tiers de nos Frères
Sommes nous seuls sur Terre ?

J’n'ai plus envie d’vivre ma vie
dans un monde que j’ai pas choisi
ou les morts tombent dans l’oubli
et les idéaux sentent le croupi

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



Éloge du natio-libéraliste modèle.

T’as l’code pénal dans ton tiroir
A côté du saint assommoir
Et pourtant dès qu’t'es dans le noir
Tu cherche ton flingue sous ton plumard.

D’vant ton drapeau avec emphase
Tu t’prosterne pantin dérisoire.
Mais t’sais on est pas dans star Wars
Et tout n’est pas ou blanc ou noir.

Tu crois au rêve américain
Tu l’accueille avec tant d’chaleur
Ne vois tu pas les morts de faim
Entre deux bouchées d’ hamburger ?

Dans ton garage tu bricoles dur
Pour aider ton gouvernement
Une chaise des fils et quelques soudures
des milliers d’gens en s’ront contents

Tu veux qu’on t’voie irréprochable
Mais tu tues tes propres voisins
Tu veux une justice implacable
Pressé d’arriver à tes fins ?

Tu recherches la transparence
Idée qui tourne à l’obsession
Et les ballets des grandes instances
Ressemblent à un mauvais feuilleton.

Et ton État s’la joue pratique
Lançant l’nettoyage par le vide
Pour s’approprier le grand cirque
Faudrait p’tet voir à être lucide.

C’est vrai qu’faudrait pas critiquer
Les r’presentants d’la toute puissance
Sinon ils risqu’raient d’se vexer
Et d’nous affamer par vengeance.

Même toi le grand pays uni
T’as aussi ta dose d’innocent
Nés pour un rôle pré-défini
Dont eux même sont pas au courant.

Tu dis qu’tu rêves d’égalité
On doit pas avoir l’même dico
Vu qu’pour c’qui est d’assassiner
Tu trouves toujours ça rigolo

tout droits réservés-2009-ombre incandescante



Destin

C’tait une victime parmi tant d’autres
Avec le même regard éteint
Plein’ment consciente de son destin
Comme l’ont été beaucoup des siens

C’tait une victime parmi tant d’autres
Qu’avait plus envie d’vivre sa vie
Pleurant jusqu’dans son agonie
connaissances famille et amis

C’était une victime comme les autres
Elle n’avait rien d’mandé non plus
Pas même de ce charmant obus
Qu’l'armée s’excuse d’avoir perdu

C’était une victime comme les autres
Sa famille aura pas d’pension
C’pas dans l’exercice d’ses fonctions
Que s’est fait tuer c’petit garçon

C’était une victime comme les autres
Née dans un mauvais m’ment d’l'histoire
Bercée par les tirs jusqu’au soir
La paix elle pouvait pas y croire

C’était une victime comme les autres
Initiée a suivre un apôtre
Sur la voix du sang et d’la haine
D’v'nant ainsi memb’ d’ la race humaine

C’était une victime comme les autres
Depuis toujours manipulée
Qu’on aurait ensuite enrôlée
Combattant fier et sans idée

C’était une victime comme les autres
Au simpl’ commenc’ment d’un carnage
Qui durera tant qu’les hommes d’cet age
Se qualifieront encore d’sages

C’était une victime comme les autres
Qui finira sur la list’noire
Qui devr’ait vampiriser l’espoir
D’l'esprit humain et dérisoire

C’tait une victime parmis tant d’autres
prières pour qu’elle repose en paix
Pour qu’l'innommabl’ soit pardonné
Qu’l'homme puisse continuer a s’aimer.

tout droits réservés-2009-ombre incandescente



Ballade sur la mer désespoir

A chaque coin de rue
Une ombre se pavane
Elle marche la tête haute
Elle croit être le mal

Fière de sa condition
Elle suinte la prétention
Et elle se sent chez elle
Dans l’univers actuel

Son esprit perverti
Est usé par le mépris.
Elle seule s’t'accordé
L’droit d’juger la société.

Elle peut donner c’qu’elle craint
Si l’moyen est malsain
Elle n’en a jamais honte
Car seul son bien êt’ compte.

Les aut’s sont comme des jouets
Qu’elle brise au cran d’arrêt
pour êt’sure qu’leur vie
n’est pas rêve d’son envie.

Elle se sent rejetée
Et accuse les autres
Rien n’est jamais d’sa faute
Que peut on lui reprocher ?

Son égo survolté
Pourrait il se tromper ?
Son invincible’ sureté
Pourrait elle s’effondrer ?

Pousse pas sa réflexion
Elle veut po s’r'met’ en question.
Elle sait qu’sous sa dur’té
S’cache une âme inach’vée

L’instinctive conscience
D’son infériorité
Renforce sa violence
Elle cherche plus à penser.

Ainsi sa peur s’efface
Puisqu’elle sait dominer.
Puisqu’elle peut faire couler
Les larmes de l’angoisse.

Sure d’être protégée
Par sa supériorité
Violence et méchanceté
Étant son identité

Elle voudrait remonter l’ gouffre
Sans qu’on puisse voir qu’elle souffre.
Elle va chercher sa pelle
et creuse sa propre perte.

Elle peut toujours crier
Y a personne pour sauver
Les millions de paumés
Qui s’sont laissés piéger.

C’est notre société
Liberté ‘galité
Les mythiques idéaux
S’ront jamais qu’des mots.

tout droits réservés-2009-Ombre incandescente